vendredi 9 novembre 2007

La ruée vers les cours !

Un engouement certain est constaté actuellement pour l¹apprentissage des langues étrangères. Désormais, les centres de langues sont en vogue et ils sont pris d¹assaut par une grande frange de marocains. Enfants, étudiants, fonctionnaires, tous sexes et âges confondus, sont animés par une soif insatiable d¹initiation aux langues vivantes d¹ailleurs. Une appréciable manne donc pour ces établissements, dont le nombre des adeptes ne cesse de croître.

Pour Amine, 17 ans, l¹épreuve du Baccalauréat reste indubitablement une échéance fatidique voire décisive dans sa vie. Or, la seule obsession qui tarabuste ce jeune bachelier demeure fatalement son niveau d¹anglais qui, selon lui, laisse à désirer. Cette hantise est d¹autant plus accentuée par l¹approche de l¹examen final dont le compte à rebours a déjà été déclenché que, pour remédier à cet état de fait et résoudre ses problèmes avec la langue de Shakespeare, il s¹est donc adressé à un centre d¹apprentissage ayant pignon sur rue à Rabat.
«Une fois arrivée en Terminale, j¹éprouvais de grandes difficultés à suivre la cadence du cours. Donc, il fallait coûte que coûte que je rattrape mon retard, pour pouvoir décrocher le précieux sésame, justement en entamant des cours accélérés», nous a-t-il confié, très confiant, avant d¹ajouter que les centres de langues font office d¹une alternative capable de consolider ses connaissances rudimentaires. Ainsi, les centres de langues constituent une bouée de sauvetage, voire un complément des cours prodigués dans l¹enseignement public, ce qui explique cette ruée vers ces établissements. En effet, les cours dispensés aux lycées restent généralement insuffisants pour acquérir un bon niveau de langue, surtout dans des classes particulièrement surpeuplées.
L¹existence de ces centres est donc bénéfique pour pallier la défaillance de l¹enseignement public mais aussi pour d¹autres personnes ayant des motivations de nature différente.
Effectivement, moult fonctionnaires intègrent aussi ces centres, comme c¹est le cas pour Majda et Sanae à titre d¹exemple.
Majda, 28 ans, employée s¹est récemment inscrite dans un centre de langue à Casablanca dans le but d¹apprendre l¹espagnol.
Ce qui la motive essentiellement, ce sont les voyages qu¹elle effectue dans le cadre de son travail en Espagne. Et c¹est bien évidemment la société qui prend en charge les frais des cours.
Quant à Sanae son objectif est autre. «Mon mari est déjà installé au Etats-Unis. Mais avant de le rejoindre, je dois acquérir les bases élémentaires de l¹anglais pour m¹intégrer facilement dans la société américaine.», nous a-t-elle expliqué.
Ces établissements se sont rapidement frayer une place dans la vie des marocains. C¹est un secteur florissant ayant le vent en poupe et qui connaît, d¹ores et déjà, un véritable foisonnement accompagné d¹une demande accrue.
Toutefois, il reste un marché juteux scindé en deux grandes catégories distinctes. D¹une part, il existe des centres qui dépendent des acteurs privés et qui dispensent des cours dans différentes langues avec des prix bas et de l¹autre, ce sont des centres de langues attachés au service de coopération culturelle des ambassades. Ces derniers ont su se forger une bonne notoriété et se taille la part du lion d¹un marché encore embryonnaire.
La pédagogie est leur fer de lance. Une philosophie d¹enseignement qui s¹appuie sur des méthodes modernes et efficaces, assurant un meilleur apprentissage et une bonne assimilation des leçons. En sus, ils offrent l¹opportunité aux étudiants d¹évoluer dans une atmosphère encourageante joignant le ludique au didactique.
Or, la qualité a un prix. Et pour bénéficier de ses services, l¹étudiant doit débourser des sommes conséquentes. Les tarifs affichés par ces centres culturels oscillent entre 1000 DH et 2000 DH pour 30 heures de cours s¹étalant sur un trimestre. Ces centres proposent également une panoplie d¹horaires flexibles et adaptables à l¹emploi du temps et aux occupations de chacun. Il existe également la possibilité de s¹offrir des cours individuels soit à domicile pour 250 DH l¹heure soit sur place dans le centre à 180 DH. Mais généralement, il n¹y a pas beaucoup de demandes à cette offre parce que déjà les classes sont limitées et ne dépassent pas une vingtaine d¹étudiants.
«Le cadre convivial des cours participe amplement à faciliter l¹apprentissage de la langue. Seul bémol, la rapide déperdition des connaissances à cause du manque de pratique de la langue en dehors du centre», nous a déclaré Rachad, un jeune fonctionnaire. A l¹instar de Rachad, d¹autres fonctionnaires s¹investissent dans l¹apprentissage des langues étrangères. Ils représentent 10 à 20% des personnes inscrites dans ces centres de langues. La maîtrise des langues étrangères devient donc indispensable pour toutes les entreprises marocaines qui exhortent leur personnel à acquérir ou consolider des connaissances en matière de langues étrangères. Une démarche de bon aloi mettant les entreprises nationales au diapason des exigences de la mondialisation et notamment de la conjoncture économique du pays.
En un laps de temps, les centres de langues ont su s¹affirmer comme une option efficace pour former et pallier les lacunes. Les inscriptions vont crescendo. Mais s¹agit-il d¹un effet de mode éphémère ou d¹une vocation collective d¹étancher une simple soif cognitive ? C¹est plutôt les deux s¹accordent à dire plusieurs inscrits.



El Mehdi Boukhari
paru à Al Bayane le (11/9/2007)

lundi 6 août 2007

Marché automobile : Des occasions estivales en or

Une frénésie d¹achat de voitures neuves est constatée pendant la période estivale. De plus en plus d¹acquéreurs potentiels attendent impatiemment cette aubaine pour faire leurs emplettes de «bagnoles». Le secret de cet engouement réside principalement dans les offres promotionnelles et attrayantes proposées pendant cette saison de grands avantages. Des gratuités à tout va en matière de taux de crédits, d¹assurance offerte, de packs de climŠbref, une panoplie d¹appâts pour exhorter les âmes indécises à franchir le pas et acquérir une quatre roues.

Disposant d¹une bonne poignée de blé, Jaâfar décide de faire le tour des show-rooms automobiles de Rabat. L¹idée d¹acheter une voiture neuve a germé dans son esprit, surtout que les tracas quotidien du transport sont de plus irritables. Déterminé plus que jamais, il veut acheter, coûte que coûte, une voiture pour s¹épargner le cauchemar incessant des transports en commun. Dès lors, commence une prospection minutieuse des différents concessionnaires, à la recherche d¹offres encourageantes. De fil en aiguille, il achève sa journée sur un constat incitant. Cette tournée l¹a, en effet, persuadé d¹entamer les procédures d¹achat d¹une voiture, pour profiter des avantages de cette saison de grande promotion.
Jaâfar a, ainsi, jeté son dévolu sur une mini citadine. Un investissement qui vaut la chandelle pour lui. «Certes, elle reste moins spacieuse avec son petit gabarit, mais l¹important à mon avis c¹est qu¹elle est moins chère et surtout très pratique en ville. Elle correspond parfaitement à ma bourse.», nous confie-t-il. D¹autres raisons ont aussi poussé Jaâfar à continuer sur sa lancée. En fait, il a été charmé par une offre proposée par le concessionnaire, celle d¹une assurance d¹un an gratuite, en plus d¹un pack clim offert par la maison. De quoi faire le bonheur de ce trentenaire rbati, notamment pendant ces jours de forte canicule. «Un ami m¹a conseillé d¹attendre l¹été et de profiter des promotions qui l¹accompagnent. Justement, les prix sont abordables pour toutes les bourses !» nous a-t-il expliqué.
L¹avènement de l¹été augure de grandes opérations promotionnelles. Néanmoins, la prolifération des promotions et la recrudescence de la compétition, exercent une pression perceptible pulvérisant tous les prix, tout en élargissant systématiquement le vivier de la clientèle. Dans cette conjoncture, le marché automobile connaît un véritable essor, permettant ainsi de remédier aux déficits des mois de vaches maigres. «Nos ventes enregistrent un pic durant l¹été. Les opérations de promotion et de réduction participent amplement à encourager la clientèle à acheter une voiture tout en profitant des offres promotionnelles.», nous a révélé un agent commercial dans une succursale de la place.
Il n¹y a pas que ces promotions qui incitent les gens à s¹acheter une voiture, mais il existe d¹autres facteurs qui y concourent également. En effet, l¹été, qui est synonyme de voyage et d¹escapade, encourage forcément les estivants à profiter pleinement des vacances en toute indépendance. Pour ce faire ils doivent être motorisés. Il est évident que disposer d¹un véhicule pour se déplacer à sa guise facilite bien les choses et bannit bien des contraintes. Contraintes qualifiées par Samira, secrétaire de direction à Casablanca, d¹infernales ! «Le budget du transport en commun que je débourse mensuellement atteint les 3000 DH. En me renseignant comme il le faut et en faisant mes comptes, j¹ai constaté qu¹acquérir une voiture par le biais d¹un crédit s¹avère plus judicieux et plus économique. En sus, circuler dans sa propre voiture, vitres et portières fermées, permet d¹être à l¹abri des voyous qui pullulent dans les bus et les grands taxis. En fait, le malheur c¹est que plus personne ne bouge le petit doigt pour venir en aide aux femmes en détresse. Cette raison m¹a acculée à penser sérieusement à m¹approprier un véhicule pour être plus en sécurité et aussi indépendante !», nous a-t-elle précisé.
Prendre le large en toute sécurité
Le congé d¹été est aussi indubitablement le moment opportun pour les concessionnaires automobiles de gonfler leur chiffre d¹affaires et également d¹écouler le stock, même en sacrifiant une marge de bénéfices. Du coup, pour profiter de cette manne, ils recourent aux pouvoirs magiques du marketing et des promotions pour accrocher les clients. De même, ces offres sont ponctuées par des réductions de prix. «Un acheteur ne peut que gagner en cette période. En été, il peut économiser une somme conséquente d¹argent, qu¹il pourra investir dans les frais d¹immatriculation et autres démarches administratives. Devant cette panoplie d¹offres aguichantes, le client aura des difficultés à rester de marbre, sans vouloir profiter de cette aubaine», précise le commercial. Dans la foulée, la multiplication des offres de financement a permis un accès plus facile à l¹achat d¹un véhicule neuf. Auparavant, pour avoir un financement d¹achat d¹une voiture, il s¹agissait de relever un véritable défi. Il fallait impérativement remplir dûment les exigences de la banque et passer par les mailles de la commission d¹octroi de crédits. Aujourd¹hui, les professionnels de l¹automobile, à travers moult conventions avec des sociétés de leasing et de crédit à la consommation, essayent de contrecarrer les entraves qui décourageaient autrefois la clientèle. Cette stratégie s¹avère efficace. Le marché automobile a atteint sa vitesse de croisière. Au terme des cinq premiers mois de l¹année 2007, les ventes cumulées de voitures de tourisme se sont établies à 34.000 unités. Le marché, en pleine ébullition, a pris une nouvelle dimension. Ce sont les mini citadines qui se taillent la part du lion du marché automobile. Ces modèles de petit gabarit, aux motorisations économiques et souvent dépourvus d¹équipement, connaissent d¹ores et déjà un engouement incomparable. Elles représentent, ou outre, 45 % des achats de voitures neuves. Avec la chaleur de l¹été, le baromètre de vente des voitures neuves monte de plus d¹un cran. Le catalyseur de cet engouement est, certes, les offres avantageuses mais aussi il ne faut pas omettre que la voiture demeure indispensable pendant ces jours de vacances, où le voyage bat son plein.
El Mehdi Boukhari
Paru à Al bayane le 03/08/2007

Reportage à la plage de Sid Al Abed à Rabat : Des mesures salutaires au grand profit des estivants

Pendant ces jours de forte chaleur, le repos dominical est synonyme de «faire bronzette» et «piquer une tête». La plage demeure la destination de prédilection des citadins en quête de détente et de relaxation en profitant de la mer et du sable, surtout après une période de dur labeur. À Sid Al Abed, une forte présence des estivants est constatée. Cette station balnéaire, située à quelques encablures de Rabat, séduit avec ses multiples attraits un déluge de vacanciers affluant de toutes parts.
Un sable doré, une mer calme et une eau limpide, tels sont les points forts de la plage de Sid Al Abed. Considérée comme étant un véritable joyau balnéaire, cette petite plage est entourée de rocades barrant le passage aux vagues, qui se fracassent sur ces rochers. Ce qui fait, à coups sûrs, le bonheur des baigneurs qui profitent pleinement d¹une sorte de piscine d¹eau salée. Du coup, les amateurs de natation et même les accros de pédalo ne sont pas en reste. Cet endroit regorge, ainsi, de plusieurs atouts qui fondent sa notoriété, dont notamment la propreté de l¹eau et du sable, mais s¹ajoute également l¹atmosphère de sécurité qui règne en permanence. En effet, afin d¹instaurer un climat de tranquillité et de sécurité, les agents de la force auxiliaires patrouillent à califourchon sur des chevaux, pour calmer les ardeurs des délinquants excités et pour inspirer la quiétude aux estivants. Ces forces de l¹autorité sont, toutefois, épaulées par les brigades de la plage. Il s¹agit, en fait, de jeunes bénévoles qui ont fait de la protection de l¹environnement sous tout point de vue leur cheval de bataille. Ils veillent, ainsi, constamment à la propreté de la plage et leur tâche dépasse les tournées de contrôle des poubelles et déchets éparpillés sur la plage. Leur mission s¹étend, non seulement, à l¹orientation et la correction des comportements erronés des estivants maladroits mais également à la recherche de gamins égarés pour ensuite les remettre en toute sécurité à leurs parents fous d¹inquiétude et désemparés par l¹incident. La charge de ces bénévoles n¹est donc pas une sinécure. Ils se doivent d¹être toujours à l¹affût pour guetter les faits et gestes de quelques estivants. En effet, plusieurs personnes continuent malheureusement de salir les plages malgré les nombreuses campagnes de propreté lancées à tambour battant et les affiches placardées partout. A titre d¹exemple, ces «fans de la malpropreté» s¹attaquent à la mer en jetant des bouteilles, papiers, sacs en plastiqueŠet aussi en se déchargeant de leurs ordures sur le sable. Ce type de comportement et de mentalité est légion dans plusieurs plages au grand dam des nettoyeurs et participe incontestablement à la détérioration de l¹environnement. Mais ces bénévoles finiront par obtenir gain de cause un jour en dissuadant définitivement ces personnes de «bousiller» l¹ambiance. Ambiance, qui malgré ces pépins, fait le bonheur de entichés de la plage de Sid Al Abed envers et contre tout.
Ambiance festive et bon enfant à la clé
La majorité étant des jeunes, venus en groupe pour profiter de la douceur du soleil et de la fraîcheur de l¹eau de l¹Atlantique, profite également de l¹animation qui bat son plein. Dotée d¹amplificateurs diffusant une radio qui a la cote en ce moment, cette plage procure une ambiance festive et bon enfant. Dans la foulée, une scène est aussi dressée pour abriter, quelques fois, des jeux d¹animation. Ainsi, cette plage n¹est pas seulement faite pour la baignade, mais aussi pour le divertissement et la distraction au profit de tout le monde. À Sid Al Abed personne n¹est laissée-pour-compte. Les passionnés du ballon trouvent leur compte avec des terrains aménagés pour les sports du ballon. En effet, la plage dispose de deux terrains de Volley-ball et un autre pour le Beach-ball. Les amoureux de la natation, n¹ont pas été négligés non plus. Ces baigneurs sont surveillés par les yeux protecteurs des maîtres nageurs. Malgré que la plage ne s¹étend pas sur une grande superficie, six vaillants secouristes veillent à la sécurité des nageurs. En revanche, Sid Al Abed a la particularité de compter parmi son groupe de sauveteurs, une représente de la gente féminine. A peine âgée de 24 ans, cette «sauveteuse», qui s¹appelle Saida, a été acculée par sa passion de la mer pour investir un domaine réservé exclusivement jadis aux hommes. La plage de Sid Al Abed compte à son actif nombre de points positifs faisant sa bonne réputation et assurant ainsi une forte affluence des estivants. Et afin de garantir la pérennité de cette donne, et les bénévoles de propreté et l¹association des habitants de Sid Al Abed convergent leur effort dans le but de préserver l¹intégralité du charme qui fait le renom de cette petite plage. Cependant, en dépit des multiples atouts dont dispose cette petite station balnéaire, elle n¹a pas encore réussi à décrocher le label «Pavillon Bleu», malgré sa propreté palpable, sa sécurité patente et ses vendeurs ambulants munis de badges contrairement à d¹autres plages avoisinantes qui sont entachées par le comportement mesquin et désagréable de ces marchands qui sillonnent le long de la côte.
El Mehdi Boukhari
Paru à Al Bayane le 26/07/2007)

Darga : «La jeunesse est en train de se réveiller»

En marge du festival de Casablanca «Casa Music», les Cactus ont enflammé le public Bidaoui, avec un mélange explosif d¹énergie riche en couleurs. Un retour aux sources que Darga a célébré à sa manière. Al Bayane a rencontré cette palette de jeunes artistes pleins d¹audace. Entretien.
Casa abrite l¹un des festivals phares du Maroc, pour vous où réside la spécificité de ce carrefour musical par rapport aux autres événements ?
Tout d¹abord, la plus grande différence, c¹est bien évidemment le public. Pour nous, c¹est une sorte de retour au bercail. Le public de Casa représente tout d¹abord notre famille, notre ville et également le tremplin qui nous a propulsé à l'avant de la scène. L¹une des spécificités de ce festival est sans doute le public. Une masse gigantesque assiste aux concerts, presque plus de 80 mille personnes. C¹est vraiment une énergie, et justement c¹est de là d¹où on puise non seulement notre force, mais également c¹est de Casa qu¹on s¹inspire.
Êtes-vous maintenant satisfait de l¹intérêt que vous portent les responsables des festivals ?
Certes, maintenant on ressent un réel intérêt envers notre musique. Cependant, notre souci majeur est de persévérer et d¹exceller dans notre travail, afin de donner le mieux à notre public. Notre musique se construit autour du quotidien des Marocains encombré de maux et de problèmes. Bien sûr, nos paroles sont pimentées de critiques, parce qu¹on n¹est pas satisfait du rendement de nos responsables. Or, au niveau culturel, Darga représente la jeunesse marocaine. L¹exemple d¹une jeunesse avide de renouveau et du changement. Vraiment, on aimerait bien voir le nouveau Maroc dont on nous parle à longueur de journée. Ce Maroc du 21e siècle qu¹on est impatient de toucher. Le Maroc d¹aujourd¹hui est en plein mouvement, surtout au niveau culturel...
Est ce que vous pensez que notre pays est en train de se réveiller?
Bien évidemment, il y a une certaine renaissance sur tous les niveaux. Maintenant, c¹est la jeunesse qui prend la parole. En outre, cette frange représente la majorité de la population. Elle occupe une place prépondérante dans la société, mais elle ne se rend pas compte de cet avantage. Aujourd¹hui, on assiste à un réel réveil de la jeunesse, qui monte au créneau pour parler de ses problèmes et faire valoir ses droits tant négligés. En gros, c¹est la prise de conscience et la réhabilitation de la place des jeunes après des années de marginalisation.
Comme vous le savez, les prochaines élections se taillent la part du lion de l¹actualité nationale, est ce que vous vous étes inscrit sur les listes électorales? Franchement, non. Pendant la période des inscriptions, on effectuait une tournée en Europe. D¹ailleurs, on n¹est pas satisfait de ce qui se passe côté élections. Justement, on a un morceau qui traite le sujet des «Intikhanbat», il s¹intitule «Stop Baraka». On veut dire Stop aux pratiques abjectes qui faussent les élections. On n¹est pas tout à fait contre les élections, qui restent, certes, un acte civique et démocratique. Cependant, les électeurs doivent utiliser leur voix à bon escient. C¹est-à-dire choisir une personne digne de la responsabilité qu¹on l¹a assigné, et non pas celle qui paye le plus pour ta voix. Par ailleurs, avant de se rendre aux urnes, il faut analyser et décortiquer le programme de la personne. Il faut s¹assurer de sa crédibilité et également de la véracité de ses promesses.
Et il y a quoi de nouveaux chez Darga ?
Il y a le nouvel album qui va sortir en septembre, il s¹appelle «Stop Baraka». Actuellement on effectue une tournée au Maroc. On sera également en tournée en Europe, notamment en Espagne, en Suisse et en Belgique, et on est en train de chercher de nouvelles dates. J¹invite le grand public à écouter le nouvel album qui promet plein de surprise.
Propos recueillis par El Mehdi Boukhari
Paru à Al Bayane le 24/07/2007

Alpha Blondy : «L¹Afrique a besoin de toutes ses potentialités»

Invité au festival de Casablanca «Casa Music», Alpha Blondy a égayé de sa voix mélodieuse, mais non moins porteuse d¹espoir, les scènes de la capitale économique. A ce chanteur hors pair, le public a réservé un accueil des plus chaleureux. Al Bayane a rencontré cette star du reggae en passe de devenir une icône. Entretien.
Al Bayane : Vous êtes en quelque sorte un habitué des festivals du royaume. Comment évaluez-vous l¹événement musical de la métropole?
Alpha Blondy : Pour moi, c¹est toujours un immense plaisir de venir au Maroc. Ce pays a participé énormément à tisser la carrière d¹Alpha Blondy. D¹autant plus que l¹un des grands concerts que j¹ai animés, était à Marrakech en 1985. Donc, venir au Maroc, c¹est comme si je venais faire un compte rendu de l¹évolution de ma carrière et rendre hommage à ceux qui ont contribué à la bâtir.
Quel message voulez-vous véhiculer à travers votre musique ?
La paix demeure une quête incessante des pays africains. C¹est le message essentiel que je veux transmettre. En effet, l¹Afrique est un marché porteur des vendeurs d¹armes. Le spectre de la guerre plane en permanence sur les pays africains et les marchands d¹armes ne font qu¹attiser les tensions pour en tirer profit. Les Africains ne pourraient pas se payer le luxe de faire des guerres. Voilà pourquoi je voudrais dire à mes frères africains d¹éviter de tomber dans les pièges tendus par les marchands d¹arme qui n¹attendent que cette aubaine. Ensemble, on doit cultiver la paix, et déjouer les pièges des guerres. Certes, on dit quand la Chine se réveillera, le monde tremblera. C¹est vrai, mais quand l¹Afrique se réveillera le monde va changer de visage. Les Africains n¹ont pas encore dit leur dernier mot, vu ce que nos politiques, nos pères et nos grands-pères ont pu obtenir, malgré tout ce que l¹Afrique a subi en matière de pillage et d¹escroquerie par les colonisateurs. L¹Afrique est encore debout, malgré toutes les maladies, les pandémies et toutes les misères, qui entravent son développement. Alors par le biais de cette tribune, je lance un appel vibrant à mes petits frères africains, qui sont à l¹université, aux lycées et dans les écoles de prendre au sérieux leurs études. Je souhaite que le continent Noir produise davantage de médecins, d¹ingénieurs agronomes, d¹ingénieurs informatiques... La jeunesse africaine doit se former au plus haut niveau. L¹Afrique a besoin de ses compétences et de ses sources humaines. On doit tous s¹engager à préserver nos potentialités intellectuelles et les mettre au service du développement. Les responsables des pays africains doivent remédier au phénomène de l¹immigration et surtout la fuite des cerveaux. Les Africains doivent prendre conscience de cette nouvelle donne, parce que le combat actuel est plutôt cérébral. Il n¹est plus musculaire.
Vous avez adopté une position hostile vis-à-vis du projet de «l¹immigration choisie» proposée par Nicolas Sarkozy. Êtes-vous toujours inflexible sur votre position ?
Toujours. Aucun de nous n¹a envie de voir nos enfants aller galérer en Europe, et subir une forme d¹esclavage des temps modernes. Certainement, le président Sarkozy a le droit de défendre son pays, mais nous avons également le droit et le devoir de défendre nos enfants et nos citoyens qui ont la tentation de se rendre chez eux. Si les Européens n¹avaient pas créé et laissé autant de misères chez nous, jamais l¹idée de l¹immigration n¹aurait effleuré l¹esprit de nos enfants. Ils (les Européens) sont en grande partie responsables de l¹émergence de ce phénomène qui a pris une proportions alarmantes. S¹ils ont vraiment l¹intention de nous aider, qu¹ils créent des usines en Afrique pour que nous puissions, nous-mêmes, transformer nos matières premières. Alors, nos enfants auront des opportunités de travail et n¹auront plus envie de se rendre en Europe pour souffrir. Ainsi nos Etats disposeraient de moyens générateurs d¹emplois pour permettre une vie décente à la jeunesse. De même, ils doivent arrêter d¹encourager et de financer les coups d¹Etat, source d¹instabilité et de tous les malheurs. Ces guerres intestines affaiblissent davantage le continent et l¹engouffre dans le sous-développement. Quand l¹Afrique sera stable, nous n¹aurons pas besoin d¹aller chez eux juste pour gagner notre pitance.
Propos recueillis par El Mehdi Boukhari
Paru à Al Bayane 23/07/2007

Zlak Oula Mout : le punk à la marocaine

C¹est l¹étoile montante de la scène urbaine marocaine. Avec son appellation aussi excentrique que curieuse, la formation rbatie «Zalk Oula Mout» (glisse ou crève) a su se distinguer dès son premier passage sur la scène. ZWM navigue dans un univers musical où le Punk est la note dominante, mais autour duquel gravitent de diverses influences. Un parcours certes court, mais auréolé de beaucoup de succès.

En un laps de temps, ZWM a pu se frayer une place sur un podium en pleine effervescence. Aujourd¹hui, elle est devenue une véritable référence en matière de rock marocain, mêlant le Ska punk aux rythmiques marocaines. Le tout pimenté par des lyriques pleines de messages et de convictions. Tout a commencé en 2005, lorsque six mordus de Punk Rock constituent un groupe au début juste pour le fun, avant que leur aventure ne tourne en une réelle carrière musicale couronnée de succès. Autant qu¹ils sont, les membres du groupe manient, excellemment, leurs instruments musicaux. Leur point fort demeure néanmoins l¹amour de la musique et l¹obstination à la réussite. Zouhir, le vocaliste enthousiaste, Simo à la batterie, Younes à la basse, Amine le guitariste, Simo également à la basse, et enfin Zakaria le percussionniste sont tous des étudiants. S¹inspirant des formations légendaires telles The Ramones, the Rancid et bien d¹autres, ces aficionados de la musique alternative se nourrissent de la culture rock, et particulièrement du punk. Mais ce qui fait l¹originalité et l¹aura du groupe c¹est incontestablement, leur look Punky. Avec un aspect incroyablement provocant et exubérant, ils ne laissent personne indifférent. Des crêtes et des cheveux en pétard, c¹est ainsi qu¹il faut imaginer ces fanas des musiques alternatives. Autre particularité du groove : ils ont eu l¹ingéniosité de déroger à la règle du rock au Maroc, tout en faisant du dialecte marocain leur fer de lance. Ils sont, en outre, l¹exemple éloquent d¹une génération qui n¹a pas froid aux yeux, transgressant toutes les lois et brisant le silence de la société. À leur manière conjuguée aux rythmes de leur musique, ils osent dire tout haut ce que les autres disent tout bas. Cependant, les balbutiements du commencement n¹ont pas sapé l¹ambition de ses férus du Rock. Ces entraves sont d¹ordre pécuniaire. Or, ils sont pris en tenaille entre la cherté du matériel, et l¹absence d¹un endroit qui garantit la pérennité des répétitions. À l¹instar des autres formations de la scène urbaine, ils se sont évertués à tracer leur chemin petit à petit. Mais c¹est lors du boulevard des jeunes musiciens en 2006, le carrefour incontournable de révélations des jeunes talentueux, que les préludes du succès ont apparu. Ils ont cartonné durant leur passage, pour décrocher le prix du meilleur groupe au tremplin rock, envoûtant par la même occasion les mélomanes défenseurs de l¹émancipation du Rock, avec des titres aussi génial qu¹agréable, comme le premier titre «Morocco» et «Zlak Oula Mout» entre autres. Depuis, le groupe s¹est forgé un nom dans la scène urbaine drainant ainsi des centaines de passionnés de punk durant ses multiples concerts. C¹était le cas, lors de la dernière édition du boulevard des jeunes musiciens, où ZWM a enflammé la scène du R.U.C avec leurs nouveaux morceaux. Par ailleurs, la consécration du talent de ce groupe a été confirmée, lors du concours «Maghreb Music Awards». ZWM s¹est vu décerné le titre du meilleur groupe rock de l¹année 2006. Un autre sacre qui s¹ajoute à leur palmarès musical. Aujourd¹hui, ZWM compte à son actif une quinzaine de titres, qu¹il espère réunir en un album. En attendant, Cette révélation du Boulevard poursuit son petit bonhomme de chemin, promettant des spectacles des plus volcaniques.
El Mehdi Boukhari
Paru à Al Bayane le 19/07/2007)

Les péripéties vécues par les femmes de ménage

Une cinquantaine de femmes squattent un jardin délabré à Rabat. Ce lieu fait office d¹une station «improvisée» dénommée «Mabella» qui rassemble des femmes en quête de leur gagne pain. Vêtues de Djalaba, adossées aux arbres du jardin, elles attendent quotidiennement sur des charbons ardents l¹apparition d¹une cliente potentielle.

10h du matin. Une voiture apparaît à l¹horizon. Les femmes de ménages s¹amoncellent autour. A bord du véhicule, une quadragénaire conduite par son chauffeur, trie parmi les femmes, celle qui se devra de lui accomplir différentes corvées ménagères. La tâche est ardue pour cette cliente qui constate une avalanche de femmes qui se rue vers la voiture. La cliente indécise par ce flot de demandes et de sollicitations, désigne finalement deux femmes à l¹improviste, avant de rebrousser chemin. Pas de bol pour les autres qui ont raté une source de revenu ! Cette scène se répète chaque jour. Dés 7H du matin, les femmes de ménages affluent de tout bord en direction de la station. Dès lors, une journée particulièrement rude s¹annoncent pour ces dames. Elles tentent désespérément de joindre les deux bouts, et subvenir, grâce à ce métier ingrat, aux besoins de leur famille. Le désarroi est le mot d¹ordre qui règne dans cette station «Mabella». Jeunes, moins jeunes, veuves, divorcéesŠ toutes elles ont décidé de retrousser leur manche et travailler dans des foyers payées à la journée, pour vaincre la précarité, avec un montant même dérisoire. Généralement, c¹est la pauvreté, l¹analphabétisme, le dés¦uvrement, et surtout la nécessité, qui astreignent ces femmes à exercer cette profession. Profession que maîtrise, en général, toutes les femmes et qui n¹a pas besoin d¹aucune formation. Quoique la besogne n¹est pas de tout repos surtout lorsqu¹il s¹agit de se retrouver face à un employeur trop exigent voire enragé.
La loi du plus fort sévit
Comme ce fut le cas de Kaltoum. « Pendant que j¹accomplissais mon travail, j¹ai touché involontairement un vase qui s¹est cassé. Ma cliente a vu rouge et m¹a privée de mon argent. Pis encore, j¹ai dû travailler comme une forcenée toute la journée pour rembourser cette maladresse qualifiée finalement d¹impair ! Mais que faire ? C¹est la loi du plus fort !» Kaltoum est l¹une de ces braves femmes qui se doit de militer pour faire vivre sa famille en nettoyant la crasse des autres par nécessité. Cette mère trime avec acharnement pour assurer une vie, un tant soit peu décente, à ses 3 enfants tout en leur permettant de poursuivre leur scolarité et surtout sans avoir à travailler à cet âge. «Je n¹ai pas trouvé d¹autres alternatives que le ménage. Ça fait une dizaine d¹années que j¹exerce ce métier et je fais vivre ma petite famille avec cette poignée d¹argent. Même si des fois, je reste sans le sou pendant des jours à cause d¹une pénurie de clients, je me suis habituée à cet état de fait. Et l¹idée de faire autre chose ne me traverse même pas l¹esprit.» Plusieurs femmes vivent la même situation que Kaltoum en restant pendant quelques jours sans travail, ce qui ne fait qu¹accentuer leur misère. Par ailleurs, à côté des femmes journalières, il existe, dans cette même station, celles qui offrent des prestations mensuelles, ce qui les laisse à l¹abri du risque de tomber en panne. Hayat a la chance de faire partie de cette catégorie de femmes. Contrairement aux journalières, elle préfère être une «bonne permanente» dans certains foyers de Rabat avec un salaire fixe. «J¹ai pu gagner la confiance d¹une cliente française, ça fait déjà 12 ans. Avec un salaire mensuel frôlant les 1000 DH, je me suis dispensée l¹attente interminable de la station, très souvent infructueuse. Au moins, j¹ai la garantie d¹une source de revenu stable, même s¹il est en deçà des sommes générées par certaines femmes journalières. Mais je me réjouis de mon sort quand même.», nous confie-t-elle. D¹un autre côté, certaines femmes de ménage ne sont pas du tout satisfaites de leur gagne-pain. En fait, elles pointent du doigt quelques comportements et pratiques louches et immondes ainsi que des caprices surréalistes de certains clients.
On nous traite comme des esclaves
Ces dernières affirment qu¹elles doivent malgré tout s¹acclimater aux besoins des clients et s¹abaisser même à leur sorte d¹extravagance sans pour autant verser dans la prostitution, insiste-t-elle. «Il y a une certaine clientèle qui nous traite comme des esclaves», s¹indigne Khadija. «Nous sommes exposées à moult reprises à différentes formes de risques : insulte, harcèlement sexuel, agression, viol Š, nous souffrons le martyre en permanence. Un jour, j¹ai travaillé chez l¹épouse d¹un policier. Après avoir achevé mon travail, j¹attendais patiemment mon argent, pour m¹en aller. Cependant, la dame était d¹un tout autre avis. Elle a commencé à m¹insulter et à proférer des menaces à mon encontre. Je vais t¹envoyer en prison, m¹a-t-elle hurlé au visage avant de me jeter à la porte.», nous a révélé Khadija. Mais au bout du compte, cette dernière a traversé une moindre mésaventure par rapport à Amina. En fait, la station est encore sous le choc de la mort de cette femme de ménage à peine âgée de 35 ans. «Pendant qu¹elle entreprenait ses tâches ménagères, la pauvre femme a été électrocutée. Le client n¹a même pas dédommagé sa famille. Il a illico presto envoyé le corps de Amina enveloppée dans un linceul.», nous a raconté Kaltoum. Cette tragédie, ajoute-t-elle, a été passée sous silence à cause de la famille de Amina qui n¹a pas porté plainte, faute de moyens bien sur. «C¹est dire qu¹on est vraiment des laissées-pour-compte dans cette vie !», ont martelé en choeur toutes les femmes de ménage. Issue principalement des quartiers huppés de Rabat, la majorité de la clientèle malmène, en effet, ces bonnes. Le plus souvent, c¹est le chauffeur qui fait la cueillette sur place pour épargner à madame la besogne. Cependant, cette catégorie de clientèle reste malgré tout la plus convoitée par les femmes de ménage. «Beaucoup de gens aisés font appel à nos services et arrivées sur les lieux, généralement, ils nous traitent correctement et acceptent sans négociations nos différents tarifs», nous précise Khadija. Les tarifs diffèrent d¹une prestation à l¹autre. Ils varient selon la générosité de la clientèle, mais ils ne dépassent pas les 100dh. En sus, les habitués de cette station ne se limite pas à la caste des nantis. La clientèle s¹étend également à la classe moyenne qui a de plus en plus recourt à ces femmes pour les grands ménages ou autres résistantes tâches ménagères. Mais cette clientèle est quand même assez particulière. «Une fois, une institutrice m¹a payée 50 DH avec un chèque. C¹est incroyable !», a lancé Keltoum en ajoutant que si elle connaissait le mode de paiement et son désagrément, elle aurait refusé d¹accompagner cette femme.
Victime de la nécessité, les femmes de ménages sont prises par l¹étau de la pauvreté. Elles sont acculées par la force des circonstances à accomplir des corvées si ingrates et à faire très attention pour ne pas commettre d¹impair au risque d¹hériter d¹une réputation qui fera rebuter les clientes. La tâche de ces femmes n¹est fatalement pas une sinécure, lorsque d¹aucun sait les formes et sortes de maltraitances et agressions dont elles sont victimes pour finalement percevoir de modiques sommes.

El Mehdi Boukhari
paru à Al Bayane le 15/07/07

Après le baccalauréat, le calvaire continue

A peine débarrassés du calvaire des préparatifs et du stress du bac, les bacheliers se voient à nouveau confrontés à d¹autres épreuves plus compliquées. Il s¹agit des concours d¹accès aux écoles et instituts publics ou privés. Une obsession qui tarabuste chaque étudiant durant toute l¹année de la terminale. Réussir un concours d¹une école publique représente pour les uns l¹aboutissement d¹un rêve d¹enfance et l¹assurance d¹un futur radieux et prospère. D¹autres, par contre, sont plus enclins à opter pour l¹enseignement supérieur privé soit par conviction ou par obligation.
Il est 16h tapantes. Pour rattraper son retard, Zakaria presse le pas afin d¹arriver avant le délai limite de la fermeture définitive de la liste de candidature de l¹école de journalisme de Rabat (ISIC). Heureusement, il parviendra à se pointer, de justesse devant le bureau d¹inscription avant le départ des fonctionnaires. «Après avoir décroché mon bac, les vrais ennuis n¹ont fait que se relayer. On est vraiment face à une tourmente pour pouvoir accéder à une école publique. C¹est la galère !», regrette-t-il. Zakaria est l¹un des 87 mille jeunes à avoir réussi leur baccalauréat cette année. Dès le mois de mai et jusqu¹à début juillet, les différents établissements d¹enseignement supérieur accueillent les demandes des bacheliers désireux de suivre leur formation.
Constat palpable : une majorité de bacheliers optent pour l¹enseignement public. «Plus sélectif, il a la réputation d¹assurer une solide formation universitaire. Les places y sont, par contre, très limitées et les conditions d¹accès sont très strictes avec une chance infime d¹y accéder.», nous indique-t-on. Par conséquent, les nouveaux bacheliers déploient des efforts colossaux et sillonnent les différents campus universitaires de leur ville ou de celles avoisinantes, en vue d¹optimiser leur chance d¹accéder à l¹une des écoles publiques les plus prestigieuses, qui se comptent finalement sur le bout des doigts. «Avec un bac mention bien comme atout, je n¹ai pas hésité une seconde à envoyer ma candidature à toutes les écoles étatiques, espérant que l¹on me retienne pour passer le concours !» laisse entendre Aziza, bachelière en science expérimentale. Le système des concours des écoles publiques reste le même : trier parmi les étudiants, retenir les plus méritants. Toutefois, certaines pratiques observées sont pointées du doigt et qui mettent sérieusement en cause la crédibilité de cet enseignement public. En effet, selon plusieurs étudiants, les formes de corruption, pots-de-vin, complaisance... y sont légion. «C¹est vraiment aberrant de voir des étudiants incompétents, sans aucune moyenne ni qualification, s¹accaparer une place grâce à un coup de fil ou à un tant soit peu de bakchich !», déplore Hamza, un jeune bachelier.
Sésame, ouvre-toi pour les bacheliers VIP
Auparavant, l¹enseignement public était réputé par son sérieux, déclare notre interlocuteur, alors que maintenant d¹aucuns savent pertinemment que les coups de piston peuvent ouvrir le portail de la plus prestigieuse des écoles étatiques ! En principe, les candidats, pour accéder aux études supérieures, doivent remplir une multitude de critères exhaustifs, avant de passer un concours écrit et subir un entretien par la suite. Or, d¹après Hamza, pour certains, qui «ont le bras long», ils n¹ont même pas besoin de remplir ces conditions. «Connaître des personnes influentes suffit pour ces derniers. Et c¹est là où le bât blesse ! La question de la compétence de l¹étudiant n¹est pas prise en compte finalement», a-t-il poursuivi désespéré. Généralement, pour des bacheliers «normaux», les critères d¹acceptation s¹articulent en premier lieu autour de la moyenne. Celle-ci reste la condition incontournable d¹éligibilité du candidat, qui oscille généralement entre 12 et 14 sur 20, outre l¹âge et autres conditions spécifiques à chaque établissement.
En ce qui concerne les étudiants n¹ayant pu dénicher une place dans le public, faute d¹une moyenne ou d¹un concours raté, ils se tournent vers l¹enseignement privé. Une alternative pour palier l¹offre restreinte de l¹enseignement public, et également afin de redonner espoir à ceux qui s¹accrochent avidement à un rêve d¹enfance : être journaliste, architecte, juriste, ingénieur en informatique...
Mais chaque rêve a un prix. En fait, pour bénéficier d¹une formation en bonne et due forme dans une école privée, le bachelier ou plutôt ses parents doivent débourser mensuellement des sommes énormes. Telle est la condition sine qua non pour poursuivre ce genre d¹études. Cependant, même avec la cherté des prestations fournies, l¹enseignement privé a connu dernièrement un véritable engouement. Avec plus de 120 écoles et instituts privés reconnus par le ministère de l¹Education Nationale, le Maroc connaît incontestablement un foisonnement patent des demandes des bacheliers. Selon le MEN, ils sont pas moins de 18 mille étudiants à faire confiance à ces établissements, par conviction ou par obligation. Seul bémol, la réputation de quelques écoles reste encore à prouver. «Certaines écoles privées ne font aucune présélection et l¹unique condition d¹accès c¹est le paiement mensuel des frais de scolarité rubis sur l¹ongle. C¹est insensé !», nous confie Salima, étudiante dans une école privée. Quoique, il existe quelques rares écoles qui disposent d¹un label de qualité reconnu et dont la réputation détrône celles des établissements publics.
Etudiants vulnérables aux influences exogènes
Mais au-delà des offres et des écoles privées et publiques, l¹itinéraire universitaire des étudiants subit, néanmoins, des influences émanant de différentes parts. Souvent, c¹est le giron familial qui décide de l¹orientation de la progéniture en exerçant une influence quant à la formation à suivre. «Mon père voulait devenir médecin. Comme ce n¹était pas possible à son époque, il a jeté son dévolu sur moi en m¹astreignant presque à décrocher mon bac avec mention bien pour pouvoir prétendre s¹inscrire à la fac de médecine. Mais le problème, c¹est que je n¹ai jamais aimé ce métier. Résultat des courses, mon refus d¹obtempérer m¹a causé beaucoup de désagréments.», nous a révélé Majda, une bachelière en sciences expérimentales. Aussi, le marché du travail est-il une autre sorte d¹influence qui ajoute son grain de sel. Il joue un rôle régulateur et exerce une grande influence sur l¹orientation académique des étudiants. En effet, avant d¹accéder à un établissement, les bacheliers se renseignent, d¹emblée, sur les perspectives et les opportunités de chaque formation dispensée par les écoles. De la sorte, c¹est la quête de débouchés d¹avenir qui pourraient garantir une vie décente à travers un cursus universitaire adéquat aux mutations et aux offres du marché de travail.
Pour les mal lotis d¹entre ces bacheliers, ceux qui n¹ont pu ni accéder aux grandes écoles publiques, ni payer une école privée, la Faculté demeure l¹ultime ressort. Du moment qu¹elle offre l¹avantage d¹accueillir un grand nombre d¹étudiants grâce notamment à l¹absence d¹une sélection, elle est assurément une bouée de sauvetage pour les retardataires et les désemparés.
El Mehdi Boukhari
paru à Al Bayane le 10/07/07

L¹«UNEM» au pied du mur

Dépolitisés, les étudiants ne se préoccupent guère des activités politiques et syndicales. Ils s¹en sont massivement désengagés au profit d¹autres préoccupations. Selon eux, aujourd¹hui l¹UNEM est devenue caduque. Même ses discours mobilisateurs ne drainent plus les foules estudiantines, perplexes face à la dégringolade politique de l¹Université.
Juin 2007 à la Faculté des Lettres de l¹Université Mohamed V de Rabat. Les couloirs sont particulièrement bondés durant cette période d¹examens. Tout semble se passer sous les meilleurs augures, dans une atmosphère d¹intense concentration de révisions de dernière minute. Soudain, un cri interrompt le chuchotement des dizaines d¹étudiants révisant leurs leçons avant d¹entrer dans la salle d¹examen. "C¹est un scandale ! On n¹a même pas eu suffisamment de temps pour reprendre notre souffle, après les contrôles continus, qu¹on est obligé d¹enchaîner avec les examens de fin de semestre. C¹est inhumain et on se laisse faire!". Rachid, 20 ans, étudiant en troisième année philo, exprime le ressentiment de nombreux étudiants et pointe du doigt la mutuelle des étudiants, organe exécutif de l¹UNEM, autrefois un grand syndicat et aujourd¹hui absente, selon lui, du terrain des luttes estudiantines. " Si la mutuelle avait fait son travail de représentation, l¹administration n¹aurait jamais imposé ce calendrier d¹examens qui est une véritable maltraitance ", poursuit Rachid, de plus en plus remonté.
Divorce entre les étudiants et la politique
Orphelins de l¹UNEM dans sa version d¹antan, c'est-à-dire un grand syndicat estudiantin fédérateur et dans lequel la majorité des étudiants se reconnaissaient, même quand ils n¹y militaient pas, les étudiants sont réduits à une forme minimaliste d¹organisation : des délégués et comités de classes. " Aujourd¹hui, le délégué de classe peut résoudre calmement et rapidement nos différents problèmes, sans trop faire de politique ", explique Alae, étudiant en littérature française. Alors, la politique qui tant enflammait les amphis et galvanisait les masses estudiantines pour de grandes causes idéologiques, allant de la lutte contre l¹impérialisme américain à la démocratisation du régime marocain, en passant par l¹incontournable question palestinienne, serait-elle définitivement abhorrée par les étudiants ? Comment est-on arrivé à ce divorce entre les étudiants qui ont mille raisons d¹être dans la contestation et la politique qui s¹attrape tout naturellement dans les amphis du monde entier, l¹université marocaine ayant été dans le passé une pépinière politique?
Dépolitisés, les étudiants ne se préoccupent guère des activités politiques et syndicales. Apparemment, ils se trouvent face à un vrai dilemme : d¹une part frustrés des actions et de la perpétuelle absence de leurs représentants syndicaux et d¹autre part, incapables de s¹investir dans l¹activisme politique pour insuffler un air de renouveau et de dynamisme à la Faculté, qui est de surcroît dans une impasse politique. Et pourtant, ils se sont massivement désengagés de toutes activités portant un cachet politique, au profit d¹autres préoccupations. Cependant, les étudiants ne sont hantés que par leur vie quotidienne de simple chercheurs de connaissance, dont le seul souci est l¹accumulation de bonnes notes et l¹assiduité aux cours, et ceci sans avoir une pensée fondée sur la revendication de leurs droits de plus en plus négligés. " Ils n¹ont aucune relation avec la réalité, on ne veut plus les paroles utopistes, mais des actes réels et tangibles ", affirme un jeune étudiant critiquant l'UNEM.
En toile de fond de ce désengagement, figurent tout d¹abord l¹insouciance politique -à l¹instar de toute la jeunesse marocaine-, le manque de confiance et surtout, le refus d'être instrumentalisés par quelques factions, qui ne voient que la prévalence et la propagande de leurs mouvements au détriment des intérêts des étudiants. Une nouvelle génération qui n¹a pas hérité la flamme de protestation et la volonté de changement de leurs prédécesseurs.
Entre le déclin et la résurrection de l¹UNEM
Cependant, l¹UNEM en perte de vitesse est loin d'enchanter les étudiants à adhérer ses projets. Complètement paralysée par les divergences persistantes entre les différentes forces estudiantines, elle commence à perdre de son influence et de son prestige d¹antan. Une organisation vacante squattée par les étudiants d¹Al Adl Wal Ihssan qui l¹ont transformé d'un outil démocratique pour l'expression et les revendications estudiantines, en un outil rigide instrumentalisé par les idéologies d'un seul gouvernail. L¹UNEM est entrée dorénavant dans une période de déclin dont le catalyseur est le litige de la légitimité des nouveaux maîtres de l¹organisation. Désormais l¹arène est libre, les anciennes forces se sont éclipsées, pour laisser aux disciples du Cheikh Yassine la latitude d¹action de diriger les affaires de milliers d¹étudiants, à leur manière et avec leurs discours. Par contre les locataires de l¹UNEM voient les choses autrement, et pensent dur comme fer qu¹ils assument amplement leurs rôles, en dépit des objections des étudiants. " Les étudiants ne voient que le côté négatif des choses, et oublient les acquis et les réalisations de l¹UNEM ", rétorque un membre du groupe d¹Al Adl. Face à ce constat d¹échec, les membres de l¹UNEM essayent de réconcilier les étudiants avec la politique et veulent les impliquer davantage à travers des colloques, des semaines culturelle, et notamment l¹incontournable " Halakiya " qui reste non seulement un véhicule de diffusion d¹idéologie, mais également un croisement des factions en quête de positionnement et de démonstration de force. Mais des fois, ces mouvements cherchent avec fébrilité à joindre, même avec force, les foules estudiantines à leur cause à travers le tapage. Alors, ils usent et abusent de certaines méthodes draconiennes qui se heurtent aussitôt à l¹indifférence des étudiants. C¹est la où le bât blesse. Du coup, pour aligner les étudiants à leurs rangs, le boycott des cours et le recours à la force demeurent les outils les plus utilisés par les factions majeures de la Faculté. " Avec leurs façons de protestation rétrogrades, ils ne font que nous retarder. De toute façon, ils ne vont rien réaliser " témoigne Nadia étudiante en littérature arabe.
L¹UNEM est devenue caduque. Même ses discours mobilisateurs ne drainent plus les foules estudiantines, aujourd¹hui perplexes face à la dégringolade politique de la Faculté. Néanmoins, une lueur d¹espoir demeure présente dans l¹esprit de quelques étudiants, qui croient à la résurrection de l¹UNEM. " Les factions doivent accorder leurs violons et oublier leurs différends, pour servir les intérêts de l¹étudiant", laisse entendre Omar, étudiant en littérature anglaise, sur un ton d'espoir.
El Mehdi Boukhari
paru à Al Bayane le 08/07/07

jeudi 7 juin 2007

les examens, c'est fini

L'année touche à sa fin, le compte à rebours est presque fini. Plus de 8 mois de dur labeur, de nuit blanche( franchement plus au moins) et surtout beaucoup de remords et un tout petit peu d'émotions. Une année de sécheresse émotionnelle, néanmoins, elle était chargée de productions journalistiques entre radio passant par l'incontournable journal de Madame Akharbach- qui va beaucoup me manquer- arrivant aux travaux édifiant bien sur de monsieur Belghazi. Une année fructueuse placée sous le signe de la prise de conscience de l'immensité de la tache qui m'attend d'ici deux ans inchallah. Pourtant, les multiples objectifs assignés à cette année année, n'ont pas été largement atteints. Alors l'été prend place et chasse avec lui tout signe qui rappelle les journées d'étude, mais comme même je lâcherais pas prise et je m'armerais de mon stylo et de mon clavier( Bon sang maintenant on écrit avec des claviers. LOL). Dorénavant, c'est la phase de repos après l'examen ultra complexe d'économie des médias qui m'a saturé la mémoire du cerveau. Le lundi sera mon dernier examen et après cap sur le festival d'Essaouira, question de décompresser, d'oublier un peu l'école et les vilains camarades de classe pour retrouver les zinzins gnawis.

dimanche 27 mai 2007

le baptême de feu

S'exprimer, c'est exister. De ce point de départ, je me suis lancer, aprés m'avoir poser cette question existentielle: Mais pourquoi petit, t'as jamais eu l'ingénieuse idée de créer ton propre blog?
Et voila, j'ai pris cette initiative dans le but de partager mes idées modestes, certes, en premier lieu, et également de mettre en exergue le bagage que j'ai accumulé durant mes deux années de formation à l'insitut.
La grande toile reste un lieu propice voire une aubaine pour chacun de faire parvenir ses différents point de vue et positions à l'égard des différentes choses et phénomènes qui nous entourent.
Bref, un journaliste en miniature ( Dixit Djibrilla) vous invite à découvrir son monde, ses idées son raisonnement, et sa perception des choses à travers les mots de la langue de Molière.