vendredi 9 novembre 2007

La ruée vers les cours !

Un engouement certain est constaté actuellement pour l¹apprentissage des langues étrangères. Désormais, les centres de langues sont en vogue et ils sont pris d¹assaut par une grande frange de marocains. Enfants, étudiants, fonctionnaires, tous sexes et âges confondus, sont animés par une soif insatiable d¹initiation aux langues vivantes d¹ailleurs. Une appréciable manne donc pour ces établissements, dont le nombre des adeptes ne cesse de croître.

Pour Amine, 17 ans, l¹épreuve du Baccalauréat reste indubitablement une échéance fatidique voire décisive dans sa vie. Or, la seule obsession qui tarabuste ce jeune bachelier demeure fatalement son niveau d¹anglais qui, selon lui, laisse à désirer. Cette hantise est d¹autant plus accentuée par l¹approche de l¹examen final dont le compte à rebours a déjà été déclenché que, pour remédier à cet état de fait et résoudre ses problèmes avec la langue de Shakespeare, il s¹est donc adressé à un centre d¹apprentissage ayant pignon sur rue à Rabat.
«Une fois arrivée en Terminale, j¹éprouvais de grandes difficultés à suivre la cadence du cours. Donc, il fallait coûte que coûte que je rattrape mon retard, pour pouvoir décrocher le précieux sésame, justement en entamant des cours accélérés», nous a-t-il confié, très confiant, avant d¹ajouter que les centres de langues font office d¹une alternative capable de consolider ses connaissances rudimentaires. Ainsi, les centres de langues constituent une bouée de sauvetage, voire un complément des cours prodigués dans l¹enseignement public, ce qui explique cette ruée vers ces établissements. En effet, les cours dispensés aux lycées restent généralement insuffisants pour acquérir un bon niveau de langue, surtout dans des classes particulièrement surpeuplées.
L¹existence de ces centres est donc bénéfique pour pallier la défaillance de l¹enseignement public mais aussi pour d¹autres personnes ayant des motivations de nature différente.
Effectivement, moult fonctionnaires intègrent aussi ces centres, comme c¹est le cas pour Majda et Sanae à titre d¹exemple.
Majda, 28 ans, employée s¹est récemment inscrite dans un centre de langue à Casablanca dans le but d¹apprendre l¹espagnol.
Ce qui la motive essentiellement, ce sont les voyages qu¹elle effectue dans le cadre de son travail en Espagne. Et c¹est bien évidemment la société qui prend en charge les frais des cours.
Quant à Sanae son objectif est autre. «Mon mari est déjà installé au Etats-Unis. Mais avant de le rejoindre, je dois acquérir les bases élémentaires de l¹anglais pour m¹intégrer facilement dans la société américaine.», nous a-t-elle expliqué.
Ces établissements se sont rapidement frayer une place dans la vie des marocains. C¹est un secteur florissant ayant le vent en poupe et qui connaît, d¹ores et déjà, un véritable foisonnement accompagné d¹une demande accrue.
Toutefois, il reste un marché juteux scindé en deux grandes catégories distinctes. D¹une part, il existe des centres qui dépendent des acteurs privés et qui dispensent des cours dans différentes langues avec des prix bas et de l¹autre, ce sont des centres de langues attachés au service de coopération culturelle des ambassades. Ces derniers ont su se forger une bonne notoriété et se taille la part du lion d¹un marché encore embryonnaire.
La pédagogie est leur fer de lance. Une philosophie d¹enseignement qui s¹appuie sur des méthodes modernes et efficaces, assurant un meilleur apprentissage et une bonne assimilation des leçons. En sus, ils offrent l¹opportunité aux étudiants d¹évoluer dans une atmosphère encourageante joignant le ludique au didactique.
Or, la qualité a un prix. Et pour bénéficier de ses services, l¹étudiant doit débourser des sommes conséquentes. Les tarifs affichés par ces centres culturels oscillent entre 1000 DH et 2000 DH pour 30 heures de cours s¹étalant sur un trimestre. Ces centres proposent également une panoplie d¹horaires flexibles et adaptables à l¹emploi du temps et aux occupations de chacun. Il existe également la possibilité de s¹offrir des cours individuels soit à domicile pour 250 DH l¹heure soit sur place dans le centre à 180 DH. Mais généralement, il n¹y a pas beaucoup de demandes à cette offre parce que déjà les classes sont limitées et ne dépassent pas une vingtaine d¹étudiants.
«Le cadre convivial des cours participe amplement à faciliter l¹apprentissage de la langue. Seul bémol, la rapide déperdition des connaissances à cause du manque de pratique de la langue en dehors du centre», nous a déclaré Rachad, un jeune fonctionnaire. A l¹instar de Rachad, d¹autres fonctionnaires s¹investissent dans l¹apprentissage des langues étrangères. Ils représentent 10 à 20% des personnes inscrites dans ces centres de langues. La maîtrise des langues étrangères devient donc indispensable pour toutes les entreprises marocaines qui exhortent leur personnel à acquérir ou consolider des connaissances en matière de langues étrangères. Une démarche de bon aloi mettant les entreprises nationales au diapason des exigences de la mondialisation et notamment de la conjoncture économique du pays.
En un laps de temps, les centres de langues ont su s¹affirmer comme une option efficace pour former et pallier les lacunes. Les inscriptions vont crescendo. Mais s¹agit-il d¹un effet de mode éphémère ou d¹une vocation collective d¹étancher une simple soif cognitive ? C¹est plutôt les deux s¹accordent à dire plusieurs inscrits.



El Mehdi Boukhari
paru à Al Bayane le (11/9/2007)

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